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Biographie

Matthieu Fromentin est né le 30 mars 1981. Il vit et travaille aujourd’hui en Normandie.

Il a fait ses études à l’école des Beaux-Arts de Caen, où il s’inscrit d’abord en tant que vidéaste. Parmi ses premières vidéos on trouve: J’aime écouter France Inter en voiture (2003), J’aime le calva chez ma voisine (2004), et Matthieu pianiste (2005). Ces vidéos dessinent déjà son univers visuel et sonore qui s’affirme désormais dans ses productions. Il y désacralise l’image de l’artiste avec humour et dérision à la manière d’un Pierrick Sorin dont il reconnaît l’influence.

Fervent amateur de nature il l’intègre savamment à ses préoccupations artistiques tel un Penone ou un Blazy. Dans un but performatif il façonne par exemple des moules de son corps pour obtenir des légumes à son image qu’il fera ensuite déguster à ses hôtes sous la forme d’une soupe.
Au delà de la convivialité d’une esthétique relationnelle, il offre son regard poétique sur les possibilités offertes par les découvertes scientifiques. Il condamne en effet l’élevage intensif, rendu caduc par la culture de cellules musculaires. Mais son regard va au delà d’une simple critique proposant ici la perspective d’un cannibalisme contemporain. Non sans nous rappeler la Messe pour un corps de Michel Journiac, Ceci n’est pas mon corps de Matthieu Fromentin intègre un questionnement sur la création, le statut de l’œuvre et de l’artiste.

Dans ses premières performances (Lalinéa,2006), l’erreur apparaît comme base fondatrice de sa recherche. Du conventionnel à l’impossibilité de se conformer, l’erreur devient pour lui la seule réponse possible à une société de contrôle grandissante. Le bug s’impose dès lors comme système de création. Sa table de mixage se transforme en un générateur de sons aléatoires, et les défaillances de logiciels vidéos en une nouvelle qualité esthétique. Le court circuit analogique amorce donc en 2006 un nouveau protocole de travail. Il élabore ainsi une série d’installations complexes où le ballet virtuel entre sons, lumières et couleurs nous plonge dans un univers cosmique décalé.

Issu d’une formation scientifique, l’optique joue, peu à peu, un rôle fondamental dans l’élaboration de ses œuvres.
Dans ces dernières installations, lumière, fumée et brume se transforment en véritable matières sculpturales. De l’immatériel naît la forme. A partir d’images projetées, des volumes se dessinent au sein d’un « écran » tridimensionnel, virtuel et stochastique. Lumière et fumée, pureté et chaos, s’unissent, triomphent et se séparent. Avec ces étonnantes machines à sculptures éphémères, est-ce la fumée qui matérialise la lumière ou la lumière qui matérialise la fumée?
A la croisées des chemins entre Olafur Eliasson et Ann Veronica Janssens, Matthieu Fromentin joue ici entre cosmologie et technologie pour explorer les perceptions du monde visuel.

Parallèlement il développe un travail photographique où l’on retrouve ses préoccupations premières. Après ses auto-filmages, c’est donc à travers de subtils et minutieux photomontages que l’on retrouve le thème de l’autoportrait. Seul actant, il y démultiplie son image dans des situations parfois burlesques, parfois tragiques, le plus souvent cocasses.
Via ses Autoportraits Schizophréniques, c’est l’existence humaine qu’il dépeint. Il revisite les notions de portrait, d’autoportrait et d’auto-dérision. Ces «réalités fictives» sont également de fameuses mises en scènes qui mettent à l’épreuve notre conception et notre perception de la réalité.

Matthieu Fromentin questionne le réel et la perception. Dans son œuvre polymorphe, imprégnée d’humour et de poésie, il jongle perpétuellement entre simplicité et complexité, entre low-tech et high-tech, entre singulier et pluriel...
Il se trouve toujours là où on ne l’attend pas.

Marie-Laurence Hocrelle
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Photo d'installation
 


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